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Le Contrat de Développement Rhône-Alpes

CDRA /CLD Chronique d’une mort annoncée

L’exécutif Régional a décidé de refondre les contrats de développement en Rhône-Alpes Auvergne.

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Les citoyens ont rarement une place immense aux cotés des élus.

Mais, depuis 10 ans nous avions pris l’habitude de dialoguer avec les représentants du peuple, quelle que soit leur orientation politique, puisque ce qui nous intéressait avant tout , c’était développement de nos territoires.

Mais, voilà que tout est annulé, sans aucune concertation préalable !

Donc, plus de CDDRA, ces structures qui associaient élus  et citoyens de tous bords dans une démarche de démocratie participative. Et c’était innovant !

Cela redonnait sens au mot démocratie , mot bien dénaturé aujourd’hui qui signifie »le pouvoir du peuple par le peuple« .

Et, pour une fois, ce sont les représentants des citoyens et les élus de notre territoire, qui, pendant 10 ans de travail partagé, ont démontré la richesse de cette démarche.

Nous avons réfléchi le territoire ensemble, et défini un cadre pour favoriser le développement de nos territoires, oubliant les clivages politiciens pour travailler de concert au bien commun.

Et nous avons fait des choix, qui se traduisent par le développement de tous secteurs porteurs d’avenir et le financement des  projets portés par les créateurs du territoire qui se lèvent tôt le matin pour réinventer ce territoire.

Les dossiers proposés étaient étudiés, analysés et c’est d’un commun accord que les  citoyens et les élus validaient les subventions.

Plus de clientélisme : les fonds publics, notre porte monnaie commun, étaient utilisés pour des projets porteurs sans copinage possible.

Allons -nous revenir à la distribution des subventions sans orientation précise, avec une distribution des fonds publics par les seuls élus ?

Cette démarche est révolue, car elle induit  le clientélisme et parfois le soutien de projets inutiles. Et les citoyens ne veulent plus de ces atteintes à la démocratie.

Grâce aux animateurs territoriaux, financés pour accompagner les porteurs de projets, une certaine équité avait pris forme :  leurs conseils, leurs aides techniques permettaient  à tous de construire des projets cohérents, d’apprendre à gérer ces dossiers d’une grande complexité. Et
les dossiers de financement étaient publics, transparents, connus de tous et ça c’est une grande richesse.

Allons-nous revenir au temps où les plus informés, les plus habiles à réaliser des dossiers, ceux qui ont les moyens de payer de l’ingénierie, récupéraient des subventions plus par leur technicité, que par la qualité leurs projets ?

La disparition des politiques territoriales concertées, associant les élus du territoire et les citoyens aux choix d’avenir, est une régression sans précédent .

Alors gardons espoir : 

Les subventions régionales devraient passer directement par les intercommunalités et la balle est désormais dans leur camp.

Deux options s’offrent aux élus du territoire :

Il y aura ceux qui s’inspireront de la démarche participative, associeront des habitants aux choix opérés, et développeront une ingénierie territoriale.

Il y aura ceux qui choisiront la gestion autoritaire et qui pensent encore qu’être élu veut dire  » je décide tout seul » . C’est tellement plus simple, mais tellement anti-démocratique !

Choisiront-ils la transparence des dossiers de financement ou l’opacité si utile au clientélisme ?

Garderont -ils une partie de l’enveloppe financière pour mettre en place une animation territoriale  et accompagner les porteurs de projets, ou reviendront -il  à une sélection des « beaux projets avec de beaux rubans à couper pour être sur le journal » plutôt que les projets utiles au développement durable du territoire ?

C’est un enjeu démocratique qui se joue aujourd’hui , et les mauvaises habitudes ont la vie dure.

Nous espérons que les intercommunalités du territoire opteront pour la démocratie participative : notre Conseil citoyen nommé Conseil Local de Développement (CLD pour les intimes) est une structure associative qui existe toujours et nous sommes à la disposition des élus du territoire pour réinventer un nouveau projet participatif et démocratique avec eux
Affaire à suivre 

 

 

 

Le contrat de territoire

Ce contrat est la base des réflexions sur lesquelles s’est construit un projet de territoire.
L’originalité de la démarche est que ce travail de réflexions partagées a associé élus et citoyens dans la même démarche, pendant le 10 ans de politique territoriale, avec une égalité de positionnement totale.

Les citoyens ont pu exprimer leurs positions et être entendus et cela doit être salué comme un démarche  encore exceptionnelle. Espérons que ce travail sera suivi lors de la prochaine mandature Régionale et que les citoyens seront encore associés à la réfection sur leur territoire.

Contrat-complet

Fiches actions

Ces fiches action résument les orientations qui permettent des financements

Elles ont structuré le travail du territoire pendant 10 ans.

Vigilance : nous ne savons pas à ce jour si les politiques territoriales seront maintenues si la Région change d’orientation. Nous vous informerons le moment venu

Action-N¯1-Soutenir-et-développer-les-filiaires-porteuses-pour-le-territoire

Action-2-liens-sociaux-et-citoyenneté

Action-N¯3-enfance-jeunesse-et-parentalité

Action-N¯4-Investissement-accueil-enfance

Action-N¯5-animation-CDRA

Action-N¯6-usage-TICAction-N¯7Accueillir-les-entreprises

Action-N¯7Accueillir-les-entreprises

Action-N¯8-Animation-Çconomique

Action-N¯9-Commerce-de-proximitÇ

Action-N¯10-Lien-CTEF

Action-N¯11-ESS

Action-N¯12-Drìme-Provenáale

Action-N¯13-Investissements-culture-tourisme-loisirs

Action-N¯14-Projets-culturels…

Action-N¯15-structuration-action-culturelle

Action-N¯16-maitrise-foncier-DD

Action-N¯17-logement-pour-tous

Action-N¯18-Isolement-perte-dautonomie

Action-N¯19-transports

Action-N¯20-Çducation-formation-sensibilisation-DD

Action-N¯21-Maåtrise-de-lÇnergie-Çco-construction

Action-N¯22-amelioration-qualite-eau

Action-N¯23-Bon-etat-Çcosystäme

Action-N¯24-Coord-VÇloroutes-voie-verte-plan-rhone

 

Contrat rivière : la dépollution des eaux est en marche

20150323_RAP_Diag-programme_B1Les citoyens  sont ravis de l’existence d’un contrat rivière qui s’attaque au douloureux problème de la pollution des eaux.
Le cabinet d’étude confirme l’existence de pollutions d’origines diverses et qui nous concernent tous, jardiniers, agriculteurs, mairies …

Ce qui nous a impressionnés dans cette étude, c’est la différente criante entre les espaces qui composent notre territoire : plus on va vers l’Est, plus les eaux sont limpides et pauvres en polluants et plus on s’approche de l’Ouest, plus les eaux sont polluées voire même gravement polluées en certains lieux.

Les responsabilités sont diverses : l’urbanisation peu soigneuse, le jardinage , l’agriculture qui a recours à des intrants chimiques, les activités industrielles, les traitements des espaces verts sont les principales sources de pollutions.

Les pollutions d’origine médicamenteuses, hormonales qui font des ravages ne sont pas prises en compte à ce jour.

Tous les acteurs du contrat rivière veulent-ils vraiment changer ?

Tous les acteurs ne sont pas dans une démarche de transformation volontaire et offensive  et on observe divers positionnements.

Celui des consommateurs, des citoyens ordinaires  qui sont inquiets et veulent une vraie politique de diminution progressive des intrants chimiques jusqu’à leur suppression.

Celui d’institutionnels qui sont dans une posture permanente de contestation des nuisances observées : « on n’en met pas tant que cela , vous voulez ruiner l’agriculture, les agriculteurs sont déjà en graves difficultés … »

L’indifférence coupable qui consiste à se placer dans une posture d’écoute, sans pousser aux transformations indispensables .

Aussi nous n’avons pas réussi à obtenir le bilan des tonnes d’intrants chimiques déversés sur nos territoires : « trop difficile à avoir, problème de confidentialité, études coûteuses », et silence des administrations que nous avons interrogées sans réponse.

Nous comprenons la complexité de ce sujet, la nécessité de respecter les agriculteurs, de leur donner du temps pour transformer leurs pratiques, l’importance de  l’accompagnement technique et financier et  nous proposons aussi des solutions :

Propositions

Mettre en place  une vraie politique d’information visant à inviter  TOUS les acteurs à diminuer le recours aux produits chimiques.

Traiter les pollutions directes – diminuer les intrants jusqu’à les supprimer – développer de nouvelles pratiques d’épandage. 

Mettre en place un accompagnement de tous les acteurs du monde agricole pour modifier les pratiques culturales : diversification – adaptation du travail du sol – couverture du sol. 

Accompagner les mairies vers des traitement écologiques des espaces verts. 

Accompagner le changement des pratiques agricoles et mettre en place un soutien financier à ceux qui s’engagent dans des stratégies écologiques et l’agriculture BIO.

Réaliser des diagnostics des stations d’assainissement et des réseaux assainissement  en priorité sur les zones les plus polluées situées à l’Ouest du département.

Réaliser un diagnostic des pollutions industrielles et artisanales, médicales.

Mettre en place un suivi sur plusieurs années des molécules interdites retrouvées lors des analyses de l’eau : sont-elles anciennes ou encore utilisées ? Nous devons le savoir !

En l’attente de changement de pratiques, mettre en place une bonne gestion des  effluents agricoles :  aires de lavage

Bloquer la difusion des  molécules dans les eaux souterraines  : espaces et fossés enherbés

Créer un observatoire de l’eau avec une totale transparence des données

Protéger les structures locales en charge de la gestion de l’eau, menacées de suppression et de privatisation

Gérer les réfections et les protections des zones de captage

 

 

«La grande distribution est devenue un fléau national»

Périco Légasse : «La grande distribution est devenue un fléau national»

 

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Par Eléonore de Vulpillières

Publié le 22/07/2015 à 11:48

INTERVIEW – FIGAROVOX/ENTRETIEN – Alors que se poursuivent les manifestations d’éleveurs protestant contre les trop faibles prix de la viande qui ne leur permettent pas de couvrir leurs coûts de production, Périco Légasse analyse les raisons pour lesquelles le secteur agricole est en crise.

Périco Légasse est rédacteur en chef de la rubrique vin et gastronomie à l’hebdomadaire Marianne.


LE FIGARO. – Quelle est la responsabilité de la grande distribution dans la dégradation de la condition des éleveurs?

Périco LEGASSE. – Si ce n’était que ça. Autant demander à l’insecte quelle est la responsabilité de l’araignée sur la toile dans laquelle il vient de se prendre. Il suffit d’aller faire un tour au rayon boucherie des grandes surfaces et de pointer l’origine des étiquettes, la part des produits en provenance de l’étranger ne cesse de croître, payés à des tarifs avec lesquels l’élevage français ne peut entrer en compétition. Quant à la viande française, issue du plus bas de la gamme, elle est payée à des tarifs si bas que les éleveurs vendent à perte. Certes, les premiers interlocuteurs sont les abattoirs, mais, loin d’être des saints, ces derniers sont tenus par une course à la compétitivité par la grande distribution. Comment un éleveur peut-il accepter de vendre sa viande 3,98€ et de la retrouver à 14,50€ sur les étals des grandes surfaces? Qui se goinfre au passage? Quand on est au bord du gouffre, on a le droit de s’en exaspérer.

Comment expliquer le dysfonctionnement croissant du système agro-alimentaire?

C’est un réel problème de civilisation et chaque jour qui passe nous fait toucher le fond de ce système satanique qui consiste à surproduire pour surconsommer en comprimant au maximum les prix de production pour augmenter la marge du distributeur. Ecraser le fournisseur, qu’il soit agriculteur ou industriel, pour conforter les bénéfices d’enseignes qui croulent sous les profits alors que certains producteurs sont en train de crever. Tout cela n’a rien de nouveau et les signaux d’alarme sont actionnés sans relâche depuis des années dans l’indifférence totale des pouvoirs publics. Mais la puissance financière de la grande distribution et sa collusion avec la classe politique conduisent au massacre économique et social que l’on constate quotidiennement. Nos gouvernants, de «droite» comme de «gauche» – tout cela ne veut plus rien dire – ont tellement peur d’aller dans le sens contraire de l’histoire, entendez celui des marchés financiers, en réglementant les pratiques commerciales abusives et déloyales, que la grande distribution dicte leur conduite aux pouvoirs publics. Des pratiques avec lesquelles ont leurre le peuple en lui faisant croire que Leclerc, Auchan, Carrefour ou Intermarché se battent pour qu’il puisse toujours payer moins cher, et qui aboutissent, en fait, à la ruine de nos agriculteurs et à la destruction d’emplois éradiqués par les importations concurrentes. Sans parler des méfaits sociologiques d’un consumérisme à outrance qui installe la malbouffe industrielle dans les mœurs alimentaires. Ni des conditions sociales dans lesquelles travaillent des caissières peu a peu remplacées par les caisses automatiques. Alors que ce fut au départ une idée formidable, la grande distribution est devenue un fléau national en pleine expansion. La vérité est que nos éleveurs gênent, car ce système économique est périmé aux yeux du pouvoir, mais ils ont mauvais caractère quand on les mène à l’abattoir, et surtout des gros tracteurs qui barrent les ponts, alors il faut bien leur donner un peu de foin pour qu’ils n’en fassent plus.

Que penser de l’appel solennel que François Hollande a lancé aux acteurs de la grande distribution?

Je pense que François Hollande a un sens de l’humour débordant. C’est lui qui a nommé à Bercy l’ancien rapporteur duprojet Attali prescrivant l’installation des enseignes de la grande distribution dans les «cœurs de ville», cause de la disparition rapide de ce qui restait du petit commerce de proximité. Il est donc solidaire de ce système. Monsieur Macron est le génie du libéral-socialisme qui va transformer la France en supermarché. Et maintenant on leur dit: «Eh les mecs, faut pas trop écraser la gueule des paysans, sans ça ils font des barrages sur les routes». En fait, la grande distribution fascine M. Hollande, comme tous les phénomènes auxquels on peut ajouter le concept «pour tous». Là c’est la «malbouffe pour tous». Vraiment, nous avons un président de la République im-pay-able!

On parle peu des négociations autour du Traité de libre-échange transatlantique (TAFTA) entre l’Union européenne et les États-Unis. Que pensez-vous de sa mise en place? Quel effet produira-t-il sur les agriculteurs français et la qualité de leur production?

Oh vous savez, on se couche bien devant les Allemands (dont nous avons adopté la monnaie déguisée en euro, celle qui nous a rendu si riches, si puissants, si compétitifs et si croissants) depuis le Traité de Maastricht, et nous les soutenons quant il s’agit de châtier le peuple grec d’avoir tenté de refuser le diktat germanique demandé par celui-là même qui avait certifié que les comptes de la Grèce autorisaient son entrée dans l’euro, l’ancien chargé d’affaires de Goldman Sachs en Europe… un certain Mario Draghi, aujourd’hui président de la BCE. Alors pourquoi ne pas se coucher aussi devant les injonctions américaines à renoncer à tout ce qui nous protège d’un libéralisme brutal et débridé? Le libéral-socialisme c’est aussi tendre la main au grand frère d’outre-Atlantique qui veut nous aider à résister aux méchants Asiatiques. Un conte de fées qui n’engage que ceux qui y croient. La preuve, quand ils espionnent nos dirigeants, on s’excuse presque de leur demander pardon. Si ce fameux TAFTA est signé tel que José Manuel Barroso et Jean-Claude Juncker l’ont conçu, ce sera tout simplement la fin des spécificités qui régissent la vie économique française depuis la Deuxième guerre mondiale et surtout la fin des normes qui permettent à l’agriculture française de se distinguer par la mise en valeur de son patrimoine qualitatif et par la préservation de ses origines. Mais tout ça, c’est ringard. La modernité c’est de supprimer une ligne SNCF électrifiée pour la remplacer par des autobus à mazout sur des routes saturées.

Quelle est l’influence de la convention européenne des travailleurs détachés sur le secteur agricole? [Pour mémoire, le nombre de travailleurs détachés dans l’agriculture a grimpé de plus de 1000% entre 2004 et 2011, atteignant environ 40 000 personnes.]

C’est très simple, elle a permis à la première puissance industrielle européenne, l’Allemagne, de devenir aussi la première puissance agricole. Ainsi les éleveurs de porcs bretons auxquels on a expliqué, avec la complicité de la FNSEA, ce grand syndicat qui cogère l’agriculture française avec le ministère depuis 1964, que le productivisme à outrance, dans la qualité de viande la plus infâme, leur garantirait la suprématie sur ce marché, se sont retrouvés au tapis, lessivés, ruinés. Pourquoi? Parce que l’Allemagne, pas à un scrupule près, embauche, à des salaires proches de l’esclavage, de la main d’œuvre des anciens pays de l’Est grâce à cette convention et qu’elle peut ainsi proposer du porc 15 à 20% moins cher que le moins cher des porcs armoricains. Ainsi les grandes surfaces de Quimper, Saint-Brieuc, Brest et Rennes peuvent-elles proposer du cochon allemand à un prix qui condamne à mort la filière bretonne. Les consommateurs des Côtes-d’Armor financent leur propre déclin en mangeant du cochon d’outre-Rhin. Tout cela sous le regard hébété de nos élites, de nos princes, de nos banquiers, qui se disent que, quand même, il y a quelque chose qui flanche dans leur montage européen mais qu’il faut continuer comme ça, car il est interdit de remettre en cause l’hégémonie de Berlin. En l’occurrence l’agression n’est ni mongole, ni moldave, ni bolivienne, mais signée par notre principal partenaire, notre rempart, notre gouvernante en matière de bonne éducation européenne: l’Allemagne.

La production agricole et les exportations agroalimentaires allemandes dépassent celles de la France depuis 2007. Plus compétitive, l’Allemagne domine dans le secteur du porc, du bœuf, de la volaille, des œufs, du lait et même des fraises. L’Espagne a pour ambition de devenir le leader dans la production de porcs en Europe. La concurrence se fait surtout sentir au sein même de l’UE… Les salaires des agriculteurs en France devront-il s’aligner à la baisse sur ceux de nos voisins?

Les salaires agricoles français sont déjà au plus bas, nous en savons quelque chose, et ne permettent plus aux

exploitations de vivre de leur travail.

Car en plus le paysan français, ce fainéant qui tire au flanc et passe sa journée à gémir, c’est bien connu, est assisté par les subsides versés par le contribuable allemand, via la PAC. Le paysan français, cela est dit et répété depuis des jours sur tous les médias audibles de ce pays, veut vivre de son travail. Il ne demande ni l’aumône, ni un poumon artificiel, mais que le lait et la viande qu’il produit en trimant et en respectant des règles drastiques de production lui donne de quoi vivre. Quel scandale! Et là, on lui explique que s’il ne s’aligne pas sur le néo-esclavagisme né des traités européens et appliqué par des institutions non élues, il n’a plus qu’à mourir. Produire de la saloperie ne suffit pas, il faut aussi vivre dans la misère. C’est ça la concurrence libre et non faussée du rêve européen?

Depuis dix ans, à l’exception des caprins, l’évolution des cheptels français est à la baisse. Comment l’expliquer?

Normal. Tout est fait pour éradiquer l’élevage français. La filiérisation de l’agriculture est une aberration. Races à viande, races à lait. C’est stupide. La solution est dans la mixité, comme cela a toujours été le cas du temps où l’agriculture française était la plus performante du monde. Une vache donne naturellement du lait pour nourrir son veau, un lait que l’on transforme en beurre, en yaourt, en fromages, etc. Quand la vache a fini sa «carrière» de laitière, qu’elle est «tarie», pour utiliser l’expression consacrée, il suffit de la mettre à l’herbe durant quelques mois pour obtenir une viande de très grande qualité. Pour cela il faut remettre des millions d’hectares de pâturages en valeur. Or aujourd’hui une viande bovine bouchère est obtenue en nourrissant la bête avec des céréales très coûteuses, du maïs qui nécessite un arrosage calamiteux pour nos réserves d’eau, ou au tourteau de soja OGM importé en masse d’Amérique du Sud. Tout ce qui va dans le sens contraire de la logique et du bon sens. Résultat: l’élevage français est dans l’impasse pendant que nos concurrents européens, Irlande, Grande-Bretagne, Allemagne et Espagne déversent sur le marché des millions de tonnes de viandes meilleures et moins chères car eux ont conservé la pratique du pâturage. Quant à l’élevage laitier, il est concurrencé par des laits industriels infâmes importés souvent de très loin et vendus en brique UHT. Allez chercher un litre de lait frais dans une supérette de village, en pleine région laitière, on vous regarde avec des yeux ronds comme si vous débarquiez d’Uranus. La publicité a lavé les cerveaux et la grande distribution finit le travail en gavant le consommateur de produits sans âme et sans saveur. Et le consommateur joue les moutons de Panurge, par paresse, facilité, ignorance et conformisme. Sublime paradoxe, la patron de la FNSEA, premier syndicat agricole, Xavier Beulin, qui discute avec le ministre, est président de la multinationale Sofiprotéol, propriétaire de plusieurs marques agro-alimentaires, dont l’une des filiales à 100%, la société Farmor (Glon-Sanders), à Guingamp, importe des centaines de milliers de tonnes de poulets industriels brésiliens produits dans des conditions ignobles. D’une main j’envoie mes éleveurs de volailles faire des actions commandos, d’une autre j’importe en masse ce qui les conduit à la ruine. Tout un symbole des aberrations de notre époque. Une question historique se pose alors, qu’est-ce que ce monsieur fait à la table des négociations? Stéphane Le Foll est un grand ministre de l’Agriculture, dommage qu’il n’ait pas le pouvoir de faire ce qu’il sait devoir faire.

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Porteurs de projet du territoire

Br9kO8CCAAAcDZP-1Le contrat de développement Rhône Alpes est suspendu., pour une durée indéterminée.
Son  devenir est incertain, les changements concernant la Région , la révision des compétences, les restrictions budgétaires …sont des indications peu favorables pour l’avenir des contrats de territoire.
Pourtant, la politique de développement des territoires est encore et restera sans doute une mission de la Région.
Cette situation qui se traduit par l’absence de cofinancements pour les projets de développement à venir, fragilise nos territoires et tout particulièrement les territoires ruraux. Les participations de la Région au développement des territoires ruraux permettaient la construction de projets structurant.
Cette année de transition, obtenue à l’issue de nombreux débats, a permis quelques stabilisations des projets en cours, mais personne ne peut, à ce jour,  garantir d’autres budget de développement pour les années à venir.
Affaire à suivre

Sauver les politiques territoriales

le contrat de développement de notre territoire a été suspendu puis conforté d’une enveloppe de 800 000 euros pour assurer la transition.

L’investissement de la Région qui a en charge les politiques territoriales est un enjeu fort  : les créateurs du territoire construisent des projets reconnus d’intérêt général, en collaboration avec les élus.
Ces créateurs du territoire ne peuvent survivre à une brusque suspension des apports financiers des puissances publiques. Ils construisent des projets qui développeent et enrichissent le territoire et le soutien de la collectivité qui les sollicités est indispensable.

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